En ces périodes où les pénuries de personnels affectent de plus en plus de personnes, permettez-moi de proposer ici une solution novatrice :
RÉDACTION PROFESSIONNELLE ET MÉDICALE (RPM)

Par manque de temps à rédiger des rapports, des textes, des comptes-rendus, etc. certains médecins m’ont demandé de les assister dans ces tâches, ce qui me fait penser à proposer mes services à d'autres professionnels et médecins qui en auraient besoin. Par exemple, vous faites face à un surcroit de travail ou votre adjoint (e) doit s’absenter pour quelques jours, voire quelques semaines. Ou encore, elle ou il est tout simplement débordé.

Fort de mes 38 livres publiés et de plus de 500 articles signés en carrière, dont quelques centaines ont parus dans l’Actualité médicale ici et dans la Revue Médecine en France, je vous offre mes services pour vous prendre en charge ces tâches rédactionnelles,

Jacques Beaulieu, auteur et communicateur scientifique

Rédaction professionnelle et médicale RPM : pour passer à une vitesse supérieure

beaulieu.ja@videotron.ca

Tél. : 514-605-3415

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Journal le patient du Québec

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Il est où le docteur, il est où? Il est où?

 

Par: Jacques Beaulieuu

 

Dans son grand succès, Christophe Maé chantait : Il est où le bonheur, il est où? Il est où?

Aujourd’hui, pour des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de Québécoises et de Québécois, c’est plutôt le docteur qui est bien difficile à trouver. Et les choses ne semblent pas enlignées pour trouver une réponse à cette question qui serait à prime abord des plus simples : Il est où le docteur, il est où? Il est où?

Depuis des lustres, on nous a proposé de trop nombreuses réformes pour tenter d'en arriver à accomplir la première promesse d’un système de santé : rendre les soins accessibles à tous. C’était là la première mission à la création même de notre système de santé. Et cela a fonctionné, du moins durant les premières années, à l’époque où la majorité de la population n’avait pas vingt ans.

En ces années où la liberté prenait son envol, délaissant les contraintes religieuses et autres que les générations précédentes avaient connues, personne n’a pensé que ces baby-boomers allaient vieillir un jour et auraient besoin de soins de santé.

 

Mais le temps a fait son œuvre et de toute évidence le ministère de la santé n’a pas fait la sienne. Ce large pan de notre population a aujourd’hui 65 ans et plus et une grande partie de tous ces gens, et même les plus jeunes, les enfants et les bébés n’arrivent tout simplement pas à trouver un médecin quand ils en ont besoin.

 

Ainsi les urgences des hôpitaux sont devenues la porte d’entrée dans notre système de santé. Et il ne faut pas blâmer les patients. C’est certainement bien dommage que nous ne tombions pas tous malades entre 8h30 et 16h30 du lundi au vendredi, mais la solution CLSC qui a été fort gourmande sur le plan des deniers publiques s’est avérée d’une efficacité mitigée, sauf exceptions, dans la plupart des territoires de la province.

 

Un cynique, dont je ne suis pas, pourrait remercier la Covid-19 d’avoir provoqué les décès de plus de 10 000 personnes âgées. Mais l’effort est insuffisant pour soulager notre mammouthien système de santé. D’ailleurs, ne serait-ce que pour souligner les préoccupations majeures de notre bon peuple québécois, devons-nous rappeler qu’aucun deuil national n’a été déclaré de façon officielle pour cette dizaine de milliers de personnes âgées décédées et pour leurs familles endeuillées sauf peut-être un court cérémonial à la fin de la première vague. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’une vedette du monde sportif…

Mais cessons de regarder en arrière, allons vers le futur. On nous promet une réforme, non, mieux encore, une refonte ou encore mieux, une refondation de notre système. Et pour trouver le docteur, on aura désormais des outils omni compétents. Faute de foi dans les aptitudes humaines, on a créé des machines dont les erreurs ne font pas partie de leurs génétiques. Les ordinateurs aidés de leur intelligence artificielle réussiront là où l’humain a échoué : trouver un docteur à tout un chacun dans les 24 heures. Oh non, excusez-moi, pas nécessairement un docteur, un professionnel qui vous prendra en charge.

Oh, que l’on s’éloigne dangereusement du troisième droit des usagers : le droit de choisir son professionnel ou l’établissement. Et rappelons que ce droit fait partie intégrale de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSSS), comme nous l’avons souligné dans une balado et un article précédent (article intitulé : Au nom de la loi et et la balado RPCU : Les droits des usagers, voir plus bas).

Et pour régler tout ceci, le MSSSQ nous présente son Orchestrateur, son GAP (Guichet d’accès à la première ligne) et dernièrement le HUB qu’il décrit lui-même comme un Trivago de la prise de rendez-vous médicaux.

Alors, toujours en cynique que je ne voudrais pas être, je pourrais humblement suggérer à notre titanesque ministère de confier à Trivago la gestion des rendez-vous médicaux, parce que, chez eux, le système fonctionne.

Entre temps, la question demeure entière : Il est où le docteur ? Il est où ? Il est où ?

Réaction d’un lecteur

Nom: Richard Dufour

 

Objet: '' Il est où docteur ''

 

Message: 

 

J'ai adoré votre article. Le philosophe indien Jiddu Krishnamurti écrivait : « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. Naïveté du Québecois ou dépressif ? Comme patient, je voudrais que la médecine redevienne une science et non un instrument politique.

Bravo et merci d'être là.

 

Et merci à vous M. Dufour pour ce commentaire des plus encourageants

JB

Les comités des usagers, des rôles de plus en plus exigeants

Par : Jacques Beaulieu

L’arrivée de nouveaux collaborateurs au Journal le patient du Québec nous a permis de nous pencher sur plusieurs autres aspects de notre système de santé. Car il s’agit vraiment de NOTRE système de santé, un système dont, comme patients, nous devrons prendre les commandes. Au niveau organisationnel, le patient-passif des 50 dernières années doit se transformer en un patient-décideur à toutes les étapes et à tous les niveaux des décisions gouvernementales concernant notre santé. Et pour y arriver, d’une part, le patient doit s’impliquer et d’autre part, le gouvernement doit lui fournir les structures dans lesquelles il pourra s’intégrer ainsi que le financement adéquat pour soutenir ces structures.

Depuis quelques mois maintenant, nous avons abordé l’une de ces structures, le Regroupement provincial des comités d’usagers. Avec sa directrice générale, madame Sylvie Tremblay, et son président, M. Pierre Hamel, nous avons déjà par des articles et produit des balados pour parler des origines du RPCU et des droits des usagers.

Lors de ma plus récente entrevue avec M. Pierre Hamel, nous avons discuté des fonctions des comités des usagers.

Sur le site du RPCU, celles-ci sont bien décrites

( https://rpcu.qc.ca/ ) :

 

Les buts :

Les fonctions légales des comités des usagers

  1. Renseigner les usagers sur leurs droits et leurs obligations.

  2. Promouvoir l’amélioration de la qualité des conditions de vie des usagers et évaluer le degré de satisfaction des usagers à l’égard des services obtenus de l’établissement.

  3. Défendre les droits et les intérêts collectifs des usagers ou, à la demande d’un usager, ses droits et ses intérêts en tant qu’usager auprès de l’établissement ou de toute autorité compétente.

  4. Accompagner et assister, sur demande, un usager dans toute démarche qu’il entreprend y compris lorsqu’il désire porter une plainte.

  5. S’assurer, le cas échéant, du bon fonctionnement de chacun des comités de résidents et veiller à ce qu’ils disposent des ressources nécessaires à l’exercice de leurs fonctions.

  6. Évaluer, le cas échéant, l’efficacité de la mesure mise en place en application des dispositions de l’article 209.0.1 (LSSSS).

Les fonctions légales des comités de résidents

  1. Renseigner les usagers sur leurs droits et leurs obligations.

  2. Promouvoir l’amélioration de la qualité des conditions de vie des usagers et évaluer le degré de satisfaction des usagers à l’égard des services obtenus de l’établissement.

  3. Défendre les droits et les intérêts collectifs des usagers ou, à la demande d’un usager, ses droits et ses intérêts en tant qu’usager auprès de l’établissement ou de toute autorité compétente.

 

Les moyens de ses responsabilités

Tant pour faire connaître ses fonctions auprès des patients que pour faire la promotion de l’amélioration de la qualité, les comités des usagers ont besoin de deux éléments essentiels : les bénévoles et un meilleur financement, deux nécessités durement touchées par cette pandémie.

Par exemple, pour renseigner les usagers sur leurs droits et leurs obligations ou, pour promouvoir l’amélioration de la qualité de vie des usagers ou encore pour accompagner et assister un usager dans toute démarche qu’il entreprend, le rôle des bénévoles est primordial. Aussi, ne serait-ce que pour produire et faire parvenir aux usagers des documents d’information, il faut des budgets.

Afin que les comités des usagers puissent assurer leurs fonctions, il faudra que notre gouvernement se penche sérieusement sur ces problèmes et y apportent son support.

 
Balado 5 Fonctions CUMusique: Clémence Scheppler
00:00 / 07:33
 
La guérison du cancer et la pensée positive

La maladie est suffisamment difficile, il ne faut pas y ajouter le poids de la culpabilité en plus...

 

Par : Jacques Beaulieu

 

La pensée positive peut-elle guérir le cancer?

Au début des années 1990, j'écrivais un livre sur le cancer du sein pour un oncologue de Montréal. Nous avions eu l'idée d'inclure dans ce livre une vingtaine de témoignages de femmes et d'hommes qui étaient ou avaient été atteints de ce cancer. Pour écrire ces témoignages, j'ai donc rencontré ces patients et leur ai posé bien des questions. C'est là que j'ai réalisé que la très grande majorité de ces patientes et patients reliait leur cancer à un événement malheureux arrivé avant la maladie. Certaines m'ont confié que c'était à la suite d'un divorce difficile que le cancer était apparu, d'autres à la suite de la perte d'un enfant, d'autres après un grave accident.

En somme pratiquement toutes et tous tentaient de trouver une cause pouvant expliquer l'arrivée du cancer dans leur vie. C'était un peu comme si on croyait que les mauvais coups de la vie entraînaient les maladies. Les pensées noires qui suivent ces drames seraient la cause première de ces cancers. À l'opposé, une pensée positive pourrait apporter la guérison ou pour le moins la favoriser.

Tout ceci mérite bien d'être nuancé.

Le développement d'un cancer

Le corps humain est composé de milliards de cellules microscopiques. Selon le type de cellules, celles-ci se multiplient plus ou moins fréquemment pour remplacer les cellules qui ont terminé leur vie active. Par exemple, les cellules qui composent le sang, les cellules épithéliales et celles qui forment la peau se multiplient plus rapidement que les cellules nerveuses.

 

Ceci n'est qu'un schéma bien simplifié, mais disons que chaque cellule est composée d'un noyau qui comprend, entre autres, le code génétique. En se répliquant, celui-ci permet de former deux cellules identiques à partir de la cellule d'origine. De telles multiplications cellulaires se font ainsi un nombre incalculable de fois dans l'organisme humain.

 

Or, il peut arriver qu'une erreur se glisse dans la duplication de ce code: les deux nouvelles cellules sont alors différentes de ce qu'elles auraient dû être. Plusieurs mécanismes se mettront en action pour tenter d'éliminer ces cellules «différentes», susceptibles de devenir des cellules cancéreuses.

Le premier tient à la nature même de la cellule différente. Dans bien des cas, ces différences sont suffisantes pour empêcher cette cellule de survivre. Si elle y survit, d'autres mécanismes seront mis en branle pour l'éliminer. L'un de ceux-ci est l'apoptose. Il s'agit d'une capacité inhérente aux cellules de programmer leur autodestruction advenant ce type d'erreur.

 

Lorsque ce mécanisme n'a pas fonctionné correctement, le système immunitaire (le même qui nous protège des microbes) prend le relai. Il est équipé pour reconnaître ces cellules et les éliminer grâce à des cellules tueuses (NK, pour Natural Killer). Ces NK identifient les cellules anormales et les éliminent comme s'il s'agissait d'un microorganisme (bactérie, virus ou autres) dangereux.

 

Si aucun de ces mécanismes n'a opéré correctement, alors les cellules anormales continueront à se multiplier pour former dans un premier temps une masse locale (une bosse, une petite tumeur). Il s'agit alors d'un cancer local (cancer de stade 1 ou 2). Si rien n'est fait, des cellules cancéreuses pourront s'échapper de cette masse pour s'essaimer d'abord dans les ganglions ou dans les tissus à proximité (cancer de stade 3). Dans le cas où les cellules se répandent à travers tout l'organisme, il s'agit alors d'un cancer avec métastases (stade 4).

C'est cette série d'erreurs, d'abord au niveau de la division cellulaire, puis dans les mécanismes de défense, qui permettront à une cellule de devenir une lignée de cellules différentes qui deviendront un cancer.

Il ne s'agit donc pas d'un événement fortuit, fût-il extrêmement difficile, qui peut provoquer un cancer. Certaines causes chimiques augmenteront les risques de contracter un cancer. L'une des mieux documentées est l'exposition des cellules des poumons à la fumée de cigarette et fort probablement à la fumée du cannabis.

Et pour la guérison

Face au cancer, le premier réflexe était de tout enlever. Par chirurgie, on enlevait soit l'organe au complet, quand cela était possible, ou la partie atteinte du cancer dans les autres cas (comme pour un cancer du poumon). Pour le cancer du sein, par exemple, comme je le soulignais dans un article précédent:

«Dès qu'un cancer était confirmé, on se pressait d'enlever les deux seins, les muscles sous les seins et tous les ganglions sous l'aisselle (ganglions axillaires). Cette technique chirurgicale appelée mastectomie radicale a longtemps fait figure de dogme en ce qui concerne le traitement du cancer du sein. On doit cette chirurgie au docteur William Halstead au début du XXe siècle. Parfois, cela fonctionnait, mais le plus souvent le cancer revenait. Et on perpétua ce dogme même si le cancer pouvait quand même réapparaître (récidive) et même si des effets secondaires apparaissaient comme un bras qui devenait enflé et endolori (lymphœdème du bras communément appelé gros bras).»

Par la suite, bien d'autres thérapies ont vu le jour comme la radiothérapie, la chimiothérapie, l'immunothérapie, les thérapies géniques, etc. De nos jours, l'arsenal thérapeutique est vaste et est adapté à chaque individu.

Et la pensée positive

Tout comme il n'est pas possible de prouver que le cancer soit provoqué par un événement négatif de la vie (divorce, deuil, ruine financière, etc.), il n'est pas non plus possible de déduire que la pensée positive puisse guérir ou même aider à la guérison d'un cancer.

Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit inutile, loin de là. Supposons ces trois situations possibles. La personne A est atteinte d'un cancer et maugrée contre le mauvais sort, la maladie et les douleurs qu'elle génère et meurt finalement au bout de 12 mois de cancer. Supposons maintenant la personne B, elle décide d'affronter la situation positivement, participe activement à ses traitements et s'inscrit auprès des groupes de soutien. Elle meurt aussi après un an. Pensons maintenant à une personne C qui est aussi positive que la personne B, mais qui survit et guérit de son cancer.

La différence: la personne A vécu une année pénible et mourut de son cancer. La personne B vécut une année positive et agréable et la personne C a certainement adopté une nouvelle vision de la vie qui la rend plus épanouie et plus heureuse. Je pense que la pensée positive permet de profiter agréablement de la vie, et ce, au jour le jour. Et c'est vrai pour toute personne, qu'elle soit atteinte ou non d'un cancer.

Il ne faut surtout pas se sentir coupable ou craindre d'augmenter sa maladie si on a des pensées négatives et encore moins culpabiliser les personnes atteintes de cancer si elles ne voient pas la vie en rose tous les jours. La maladie est suffisamment difficile, il ne faut pas y ajouter le poids de la culpabilité...

Au nom de la loi…

Par: Jacques Beaulieu

Le saviez-vous ? En matière de santé, nous avons tous des droits. Cette évidence pourrait pour certains s’avérer symboliques, mais, d’un point de vue strictement légal, ces droits existent réellement. Ils sont même enchâssés dans une loi : la loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSSS); loi que vous pouvez même consulter en vous rendant au :

Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSSS) | CIUSSSCN (gouv.qc.ca) .

Dans une entrevue avec monsieur Pierre Hamel, Président du Regroupement provincial des comités d’usagers (RPCU) et avec madame Sylvie Tremblay, directrice générale du même organisme, nous avons discuté des droits des usagers. Vous êtes invités à prendre connaissance du contenu de cette conversation sur le balado qui suit (Balado 2 RPCU : Les droits). Ces droits, au nombre de 12 sont très bien expliqués tant sur le site ci-haut mentionné que sur celui du RPCU : Les 12 droits des usagers – RPCU

La première impression à la lecture de ceux-ci réside dans le titre même : Les 12 droits des usagers qui rappelle étrangement le titre d’un film : Les 12 travaux d’Astérix. L’un de ces travaux était d’obtenir le laissez-passer A 38 dans la Maison qui Rend Fou. Nous n’avons qu’à penser à toutes les difficultés que doivent traverser les usagers du système de santé, ne serait-ce que de trouver un médecin de famille, pour comprendre pourquoi il n’y a pas 10 ou 13 droits des usagers mais plutôt 12.

Un constat plutôt inquiétant

En écoutant cette entrevue sur le balado ci-joint, vous constaterez aussi que peu de ces droits, beaucoup trop peu, sont effectivement correctement appliqués à la situation des patients du Québec. Prenons en exemple le premier de ces droits : le droit à l’information. Non seulement celui-ci prévoit-il que l’usager a le droit d’être informé sur son état de santé, les soins qu’on lui propose et les services susceptibles de lui être utiles. Ici, là où le bât blesse surtout réside dans fluidité de ces informations : les dossiers médicaux qui ne suivent pas le patient, les communications entre les institutions qui se transmettent encore…  par télécopieur, etc. Notre ministre de la Santé offrira-t-il un fax à chacun des citoyens pour palier à cette lacune ? Ce serait un beau cadeau électoral. Trêve de plaisanterie, l’informatisation en santé est l’un des 12 travaux d’Astérix qui semble malheureusement s’enliser et s’éterniser.

Quant au deuxième droit, le droit aux services. C’est le droit de recevoir les soins et les services dont on a besoin. Prudent, le ministère n’a pas prévu de date pour l’application de ce droit. Vous avec droit à un médecin : temps moyen pour trouver un médecin de famille : plus de 12 mois. Décidément le chiffre 12 est omniprésent.

Le troisième droit est celui de choisir son professionnel et l’établissement. Un petit conseil : vous êtes probablement mieux de prendre le professionnel et l’établissement que l’on vous propose. Si après 12 mois d’attente, on vous propose enfin un médecin de famille, peut-être vous sera-t-il préférable de l’accepter car, votre prochain choix risque fort d’être éloigné d’un autre 12 mois et même plus. Le vrai choix devient pour le moins utopique.

Le quatrième droit obéit aux mêmes constats : le droit de recevoir les soins que requiert son état. Il faudrait en parler à ces milliers de personnes en attente d’un examen, d’un traitement ou d’une chirurgie. En ces périodes de délestage, terme qui, contrairement à ce que plusieurs croient, existait bien avant la pandémie, recevoir les soins demande une patience et une endurance parfois hors du commun.

Comme nous l’avons vu, sur ces 12 droits, les quatre premiers d’entre eux semblent allègrement déficients.  Et pour chacun des autres droits, des bémols peuvent trop souvent être apportés. Par exemple, le simple droit à la confidentialité de son dossier d’usager est bien souvent oublié. Il s’agit de se promener dans les corridors des salles d’urgence pour entendre le personnel parler en toute liberté des maladies de tel ou tel patient, formuler des hypothèses de traitements, etc. La confidentialité est souvent bien mal menée…

Il serait fastidieux ici de reprendre chacun des droits et d’y énumérer les lacunes. Pour cela, vous n’avez qu’à écouter la balado ci-jointe.

En réalité, le droit enchâssé dans la loi qui semble le mieux respecté est celui de recevoir des services en anglais. Ici les efforts ont été consentis et les droits respectés.

La suite habituelle à l’expression « au nom de la loi » est : « je vous arrête ». Mais, dans la Loi sur les services de santé et des services sociaux, il n’y a personne à arrêter. L’impunité que d’aucun a voulu éliminer semble siéger toujours en roi et maître.

Et pourtant

Et pourtant, il existe des possibilités dont on peut et dont on doit profiter. Elles sont illustrées par le douzième droit : Le droit de porter plainte. Et pour ceci vous pouvez même obtenir toute l’aide dont vous avez besoin. Des organismes tels les comités d’usagers et le RPCU sont en mesure de vous venir en aide. De plus, votre plainte pourra non seulement vous aider à améliorer votre situation mais elle peut même contribuer à la refondation de notre système de santé.

Pour éviter cette suite de réformes, de commissions et d’enquêtes, un comité permanent d’usagers est essentiel. Personnellement, je parlais d’un bureau des usagers, d’autres parlent Conseil national des associations de patients/usagers connecté directement au plus haut niveau du système : Le Ministre et d’autres enfin d’un comité permanent de vigilance.

Peu importe le nom, il faut enfin et réellement démocratiser notre système de santé et voir à ce que les patients aient leur mot à dire dans la refondation de notre système et dans toutes les étapes de mises en œuvre de ce système. Et, ensuite, il continuera à être non seulement un observateur mais aussi un constant acteur de notre système de santé. Ainsi, on pourra enfin cesser de chercher le formulaire A 38 !

Avis aux patients: le système de santé a besoin de votre aide

 

Avec un organigramme digne de figurer dans les livres des records, notre système de santé a pensé à tout, sauf aux patients.

By 

 

Jacques Beaulieu, Contributor

 

Science communicator

Sep. 30, 2017, 08:00 AM EDT | Updated Sep. 30, 2017

 

La seule façon par laquelle nous pourrons espérer faire bouger les choses est par une volonté ferme des patients de cesser d'accepter l'inacceptable.

Nous avons un système de santé dont les principaux attributs devraient être la gratuité, l'universalité et l'accessibilité. En réalité, sa plus grande qualité n'est ni l'une ni l'autre de celles-ci. Elle réside essentiellement dans son organisation qui a atteint des niveaux d'enchevêtrement et de régulation frôlant la perfection. Avec un organigramme digne de figurer dans les livres des records, notre système de santé a pensé à tout, sauf aux patients.

Le système repose sur les épaules d'un ministre qui détient un pouvoir digne des plus illustres dictateurs. Voilà l'apparence. En réalité, s'il veut continuer à jouir de cette puissance, il doit se plier aux dictats des grandes fédérations syndicales et à un nombre incalculable de hauts et petits fonctionnaires qui bénéficient du privilège unique et incontestable de pouvoir rester en fonction alors même que les ministres se succèderont.

C'est ainsi que le système demeure irrémédiablement en place, entièrement sclérosé et pratiquement totalement indifférent à l'objet même de son existence : les patients.

Pour changer les choses

La seule façon par laquelle nous pourrons espérer faire bouger les choses est par une volonté ferme des patients de cesser d'accepter l'inacceptable. Alors que même nos voisins du sud se moquent ouvertement des piètres performances du Canada en matière d'accessibilité aux soins (Mike Pence déplore les «lacunes» du système de santé canadien), nous sommes les derniers des pays industrialisés à ne pas réaliser à quel point notre système ne tient pas compte de ses patients.

Pour constater combien cet immobilisme est ancré dans nos mœurs politiques, il suffit de proposer à n'importe quel des partis politiques des mesures pour impliquer le patient dans le système de santé. J'ai personnellement tenté l'expérience auprès du ministre et des porte-parole en santé des deux grands partis d'opposition. Je peux vous l'assurer : toute modification impliquant la participation des patients a été rejetée par ces trois partis susceptibles de diriger le prochain ministère de la Santé. Il ne suffira certainement pas de donner plus de pouvoirs aux infirmières comme le souhaite le Parti Québécois ou encore d'organiser quelques assemblées de cuisine comme l'espère la Coalition Avenir Québec pour régler les problèmes du système de santé. Encore moins suffira-t-il de la valse-hésitation du gouvernement actuel pour espérer un système qui prend vraiment le patient en considération. Il faut un réel virage, et ce, seuls les patients pourront le forcer.

Il faudra bien que le patient mette un jour son pied à terre et exige des soins pour lesquels il paie déjà très cher.

Un célèbre orateur romain répétait sans cesse : « Jusqu'à quand Catalina abusera-tu de notre patience ? Usque tandem Catalina abutere patientia nostra ? » Ici, nous n'avons qu'à changer le nom de Catalina par celui du ministre actuel, ou par celui ou celle qui succédera, pour formuler la même question. Et pourtant il existe une réponse : tous ces ministres de la santé présents et futurs continueront à abuser de notre patience tant et aussi longtemps que nous l'accepterons. Il faudra bien que le patient mette un jour son pied à terre et exige des soins pour lesquels il paie déjà très cher.

 
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Si c'était si simple

Par: Jacques Beaulieu

On l’aurait déjà fait. Durant les Xièmes tentatives pour changer notre système de santé, à mon humble avis, c’est l’audace qui a toujours fait défaut. Les solutions sont connues depuis belles lurettes. Mais il faut avoir le courage de ses convictions. La première : dépolitiser le système de santé. Déjà, il y a plus de 10 ans, le Dr Alban Perrier et le Dr Yves Lamontagne prônait cette solution audacieuse certes mais efficace. La gestion 100% étatique mène inexorablement à une « structurite » aiguë et une hyper fonctionnarisation; deux conditions tout autant inefficaces qu’exorbitantes. Des pays comme la Suède, la Norvège et le Danemark avaient compris cela dès la mise sur pied de leurs systèmes de santé. Mais pour appliquer cette dépolitisation, il faudra plus que des beaux mots. Trois prérequis y sont essentiels : 1) un constat d’échec de notre actuel système et 2) une vaste campagne d’information pour expliquer ce que sera un système dépolitisé pour obtenir l’appui populationnel et 3) en faire un enjeu électoral afin qu’une fois élu (ou réélu) le gouvernement puisse passer à l’action sans tarder.

1) Un constat d’échec

Ce constat s’est vite imposé dès les premiers jours de la pandémie. Tous sont d’accord sur ce point. Mais il n’est pas pour autant admis irrémédiablement. La mémoire est une faculté qui oublie. Et au fil des mois, des années, on finit toujours par accepter, parfois même l’inacceptable! Combien d’électeurs se souviendront de ces moments d’horreur que nous a fail vivre notre système de santé? Au fil du temps, nos 14 300 quelques décès en date du 25 mars 2022, seront oubliés. Ainsi en 2021, un an après le début de la pandémie, il y eut une cérémonie officielle pour honorer la mémoire des victimes de la COVID. Un an plus tard, on oublia toute cérémonie.

2) Une vaste campagne d’information


Pour concrétiser cette campagne et lui donner tout le sérieux dont elle a besoin, ce serait le moment idéal pour notre gouvernement de créer un bureau des usagers, ou quel qu’autre organisme qui aura pour principe de devenir la voix officielle des patients et de tous les organismes les représentant. Cette instance servira de vigie sur les travaux qu’entreprendra le gouvernement pour enfin refonder notre système. Il ne s’agit pas ici d’investir des milliards de dollars. Combien a coûté le Bureau de l’innovation mis sur pied durant le règne du Dr Barette ? L’instance que j’appelle le Bureau des usagers ne coûtera certainement pas plus cher ! Ainsi du moment de sa création jusqu’aux élections et surtout après, les patients et ses multiples associations et organismes siègeront en haut lieu au ministère et pourront rapporter à leurs populations tout ce qui s’y passe et apporter au ministre tout ce que la population espère. La création de ce Bureau des usagers, provoquera une puissante percée médiatique qui, d’une part montrera à la population la place que le ministre entend désormais accorder aux patients et d’autre part accompagnera cette vaste campagne d’information menant à l’élection


3) Un enjeu électoral

Cet objectif vise deux effets. Il s’agit d’abord d’obtenir un mandat clair sur les objectifs en termes de système de santé. Dans un pays démocratique, pour mener à bien cette entreprise, le mandat électoral est une obligation pour une telle refondation. Le deuxième objectif visé se réalisera après les élections. Un gouvernement ainsi mandaté appuyé par un bureau des usagers vigilants pourra enfin tenir les rennes du pouvoir et dépolitiser notre système de santé.

Ainsi cette réforme risque d’être énormément plus qu’un jeu de chaise musicale ou encore qu’un changement de vocables dans lequel, une régie régionale est devenue une agence de santé qui est devenue un CIUSSS ou un CISSS. Le mammouth sera dompté et aura porté fruit. Osera-t-on ?

 

Éditorial

Privé versus public? la mauvaise question !

par: Jacques Beaulieu

Le 15 décembre 2015, je publiais cet article dans Huff Post Québec.

( Malade, notre système de santé? Privé versus public: la mauvaise question | HuffPost null )


Je me permets de le reprendre ici parce que dans le projet de loi mammouth que présentera notre ministre de la santé, il sera question d’inclure cette proposition de confier au privé bien des services aujourd’hui uniquement disponibles au régime publique.


Est-ce parce que le cerveau humain est formé de deux hémisphères qu’il soit si facile d’observer le monde comme dichotomique. Il y a le noir et le blanc, le bon et le mauvais, le ciel et l’enfer et, en santé : le privé et le public. D’ailleurs, il n’y a qu’ici qu’une telle opposition existe entre système privé et public en santé. Partout ailleurs, les deux systèmes sont vus comme complémentaires et non en opposition. Mais d’où vient cette ineptie ? Elle remonte avant même la naissance officielle de notre système. Dans une entrevue que j’ai eue avec le Dr Augustin Roy qui fut celui qui occupa le plus longtemps le siège de président au Collège des médecins, celui-ci me raconta son séjour en Suède alors qu’il se spécialisait en administration de la santé.  Voici ce qu’il me confia :

  

«Un séjour d’apprentissage en Suède 

En juin 1961, j’avais soumis ma candidature à un séminaire qui se tenait en Suède, un pays réputé alors d’avant-garde en ce qui concerne son système d’administration des soins de santé.  Je fus demandé en entrevue. Le séminaire avait lieu à l’Université d’Uppsala.  Nous y rencontrerions des représentants des groupes de syndicats. J’y ai d’ailleurs rencontré le président des syndicats médicaux qui m’expliqua comment fonctionnait leur système.  Nous avons aussi bénéficié d’une rencontre avec le Premier ministre de la Suède. Le voyage fut des plus instructifs. Ce plongeon au sein des grands courants de la société s’est avéré une mine de connaissances et d’expériences qui m’ont servi la vie durant.  Contrairement à la croyance populaire, qui prévaut étrangement encore aujourd’hui, en Suède, le régime de santé est loin d’être gratuit pour tous. D’ailleurs, là-bas, les gens paient directement leur médecin et se font ensuite rembourser un pourcentage variable, selon la nature des soins dispensés par la caisse d’assurance publique.  Il existe toujours un déductible d’environ 25% du coût qui est payé par le citoyen et qui est non remboursé par l’État.  Il y avait une modulation de la partie remboursable.  Ceux qui souffraient de maladies chroniques, comme le diabète, ou dont la maladie les forçait à consulter fréquemment le médecin, comme le cancer, bénéficiaient d’un déductible plus faible.  Mais jamais le Gouvernement suédois n’a payé directement les médecins.  Les modalités de paiement des médecins variaient du paiement à l’acte au salariat pour ceux qui enseignaient, faisaient de la recherche ou encore occupaient de postes dans l’administration médicale.  Les médecins salariés avaient aussi la possibilité de consacrer une certaine partie de leur temps à la pratique privée.  Quand on a monté ici en éloge le système suédois, on s’est bien gardé de révéler ces détails qui pourtant ont toute leur importance si on veut éviter qu’un système de santé ne devienne déficitaire et ne s’écrase sous le poids de ses coûts.  Quand le patient doit payer directement son médecin, même s’il sait qu’il sera en grande partie remboursé, on évite la surconsommation des soins. Quand les médecins-chercheurs, les médecins-enseignants et les médecins-administrateurs ont la possibilité de jumeler leur travail avec de la pratique privée, il n’est plus besoin de devoir leur proposer des salaires faramineux pour pouvoir les garder.  Il n’y a qu’au Canada qu’on a instauré un système totalement gratuit.  Le bar ouvert en santé canadien ne pourra pas fonctionner éternellement

.  L’escalade des coûts a des limites que l’on devra un jour ou l’autre imposer. » 


Voilà donc ce qui se discutait alors que se préparait l’instauration de notre système d’assurance-maladie. Il est intéressant de noter, comme l’a fait le Dr Roy, qu’on s’est bien gardé de publiciser que dans ces pays socialistes qu’on voyait alors comme modèle de la modernité, en santé, le public côtoyait le privé et que l’un n’allait pas sans l’autre. Il valait mieux passer sous silence tout ce qui était privé pour réussir ici à instaurer un système entièrement public et totalement géré par les instances gouvernementales publiques et parapubliques. Le début de la « démonisation » du privé servit donc de jardin pour l’éclosion du système public.  


Le méchant privé 

La continuation de ce manège se fit en dressant l’épouvantail du système américain, chaque fois qu’en santé, un individu osait chuchoter le mot « privé ». Est-il quelqu’un pour enfin affirmer qu’au lieu de vouloir imiter le système américain, le dernier de la classe, celui dont le système coûte le plus cher et dont l’accès est le plus limité, il serait préférable de plutôt s’orienter sur les premiers, ceux qui ont réussi ? Ainsi dans l’esprit de bien des gens se forma le dogme du bon système public canadien et du méchant système américain, sous-entendant que si on se rapproche de l’un, on s’éloigne de l’autre. Cette vision qui oppose systématiquement le public et le privé est devenue sclérosante car elle empêche toute réflexion sur un nouveau système de santé, un système qui permettra à chacun d’avoir accès à des soins médicaux de qualité dans des délais raisonnables. Parce qu’il faut bien le constater, dans le tout privé, comme chez nos voisins du Sud, le budget peut rendre l’accès difficile pour un certain nombre d’individus. Ici, avec le tout public, nous rencontrons aussi des problèmes d’accessibilité aux soins de santé. Est-ce utile de répéter les temps d’attente dans les urgences des hôpitaux, la difficulté à se trouver un médecin de famille, les temps d’attente pour certaines chirurgies ? En somme le tout privé et le tout public ont chacun leurs failles et l’un n’a rien à envier à l’autre. 


Accepter la privatisation 

Pour réussir à rendre notre système plus performant tout en respectant les budgets de l’État, il faut cesser de trembler devant une privatisation certaine. Il ne s’agit pas de désassurer l’ensemble de l’offre des soins mais bien d’établir une collaboration entre ce qui se fait au public et ce qui pourrait se faire au privé. Il faudrait aussi rajeunir le vocabulaire. Consulter en privé, n’implique pas obligatoirement devoir sortir sa carte de crédit plutôt que sa carte d’assurance-maladie. En Angleterre, pour sortir de cette impasse, on inventa le terme de cliniques indépendantes pour désigner ces cliniques médicales gérées par des instances privées mais dont les coûts sont défrayés par le système public. Il est temps qu’ici on cesse de craindre les mots et qu’on réalise qu’en santé privé et public ne sont pas des systèmes opposés mais plutôt qu’une saine complémentarité pourrait s’établir au plus grand bénéfice de la seule personne vraiment importante dans ce système : celle qui a besoin de soins de santé. Qu’on le nomme : malade, patient, usager, utilisateur ou bénéficiaire, il demeure encore et toujours le plus grand oublié du système. N’ayons surtout pas peur d’oser le changement !  

 

Éditorial

Une lumière dans le tunnel
Par : Jacques Beaulieu
On nous la promet depuis plusieurs mois, mais ce n’est pas celle dont je désire parler cette semaine. La lumière, dont il est question ici, a commencé à rayonner dans notre système de santé depuis une quarantaine d’années déjà.
À l’époque, étaient mis sur pied des comités de bénéficiaires qui avaient pour mission la défense des intérêts des bénéficiaires. Il faut se rappeler qu’à cette époque, les patients avaient été affublés de l’appellation : bénéficiaires. En 1992, ils furent à nouveau rebaptisés pour devenir des usagers. Donc, en toute logique, les comités devinrent des comités des usagers. Cette semaine, j’ai eu le plaisir d’interviewer le président actuel du Regroupement provincial des comités d’usagers (RPCU), monsieur Pierre Hamel ainsi que la directrice générale, madame Sylvie Tremblay. C’est à la suite de cette entrevue que vous trouverez dans notre balado (Balado 3 RPCU) que j’ai compris qu’en réalité, cette lumière que l’on nous annonce existait depuis longtemps par les comités d’usagers et le RPCU. S’il est un endroit dans notre réseau « mammouthien » où le patient occupe la première place, c’est bien là qu’il faut regarder.
En 2004, le RPCU reçoit ses lettres patentes et son existence est officialisé. Il a pour mission de répondre aux préoccupations des membres, les comités d’usagers, de briser leur isolement, de créer un sentiment d’appartenance, de favoriser un partage d’expertises et d’être un porte-parole efficace auprès du ministère de la santé. Bien sûr, au fil des ans, les comités et le RPCU ont vécu des ajustements et se sont agrandis. Après les quelques hôpitaux au départ, dès 2005, plusieurs autres centres hospitaliers et des comités des résidents surtout ceux des CHSLD, se sont joints au RPCU.  Aujourd’hui. Il compte plus de 540 membres et est devenu le maitre d’œuvre pour soutenir les comités d’usagers dans la défense des droits des usagers, des droits, faut-il le souligner, qui sont reconnus par la loi.
En somme toutes les actions du RPCU et des Comités d’usagers sont orientées vers et pour le patient et le tout est géré par des patients. Le RPCU défend les droits des aînés, ceux des jeunes, ceux des proches-aidants, ceux des personnes aux prises avec de la déficience intellectuelle ou encore avec divers problèmes en santé mentale, les services communautaires, etc.
Et c’est précisément là où se situe cette lumière. Le Regroupement provincial des comités d’usagers et les comités d’usagers sont des organismes dans lesquels de très nombreux bénévoles œuvrent à aider les leurs et les patients en général à faire respecter leurs droits. Enfin une place dans notre système de santé où tout est orienté vers le patient. Ça, c’est lumineux.
Pour l’ensemble de cette entrevue, suivez notre Balado 3 : Le RPCU.
Vous pouvez aussi consulter le site du RPCU pour en apprendre encore davantage :
https://rpcu.qc.ca/
Bonne écoute

 
 

2022 : Devrons-nous vraiment apprendre à accepter l’inacceptable ?

Ne pas pouvoir soigner les patients, c’est, bien entendu, inacceptable. Du personnel porteur de virus qui traite des patients, c’est tout aussi inacceptable. En 2022, devrons-nous vraiment apprendre à accepter l’inacceptable ?
En plus des effets anticipés et non-anticipés de ce variant qui se multiplie à la vitesse grande V, voilà qu’on nous annonce que pour éviter des bris de services dans nos hôpitaux, des soignants porteurs de la Covid pourront y soigner des patients. La situation désastreuse de notre système de santé et ce, bien avant la pandémie, oblige le ministère à prendre cette décision fort potentiellement périlleuse surtout en raison de la capacité reproductive inouïe de ce tristement fameux omicron.
Mais en plus de ces craintes justifiées de plusieurs, il existe quelque chose qui ressemble tout autant à de l’inacceptable dans une telle décision. Et ce sur deux plans : celui du ministère et celui des regroupements de patients.
L’inacceptable du côté du ministère
Au MSSSQ, cette inacceptabilité est devenue un modus operandi depuis des décennies. Il s’agit de cette pernicieuse habitude de ne pas consulter les patients avant et en prenant des décisions qui auront un impact sur la santé des patients. Avant de prendre cette décision d’accepter du personnel porteur de la Covid, on a consulté les spécialistes en santé public et les syndicats, impossible de faire autrement. Mais comment se fait-il que l’on n’ait jamais eu l’idée de consulter les patients ni les associations de patients ? En novembre, j’ai fait un mini sondage auprès d’une trentaine d’association de patient qui montrait qu’à l’annonce du projet de loi mammouth du Ministère, aucune n’avait été consultée ou même informée de ce projet ministériel d’envergure. Bien sûr, mon sondage n’avait pas une réelle rigueur scientifique. Il manquait, m’a-t-on dit d’objectivité. Et c’est vrai, je ne suis pas objectif, j’ai un parti pris : c’est celui du patient. D’aucun se souviendront de mes trois D. Le premier est la démocratisation. C’est de placer le patient à la tête du système, avec un bureau des usagers tout à côté du bureau du ministre.
L’inacceptable du côté des associations de patients
J’entendais certains dirigeants de certaines de ces associations expliquer leurs positions en comprenant que le gouvernement n’avait pas d’autres choix et que ces mesures doivent être acceptées pour éviter des bris de services.
En réalité, je crois que la question n’est pas là. La vraie question devrait avoir été : pourquoi le ministre n’a pas consulté ces associations pour prendre cette décision ? En réalité, je crois que la réponse est double. D’une part, il n’est pas dans les us et coutumes du ministère ou du ministre de consulter les patients. D’autre part, l’argument favori consiste à dire qu’il existe tellement d’associations, de comités d’usagers, etc. qu’il serait impossible de consulter tous ces gens avant de prendre une décision.
À quand un vrai Bureau des usagers
La solution pour régler ce charabia est donc de créer un véritable Bureau des usagers qui aurait justement comme mission de représenter tous les patients et toutes les associations et comités de patients.
Un mince espoir
Il y aurait des discussions prévues en janvier entre le ministère et certaines associations afin de parler du projet de loi 11. On y abordera certes le deuxième D : la décentralisation. Oserons-nous aussi mettre à l’agenda le Bureau des usagers ?
L’idée n’est certainement pas de créer un organisme qui remplacerait toutes les associations de patients, mais plutôt un organisme qui se voudra l’organe de dialogue entre ces associations et comités ET le ministre de la Santé.
Il faut donc, pour qu’enfin le patient soit écouté, que toutes ces associations et comités de patients décident de se rassembler au sein de ce Bureau des usagers. Leur avons-nous demandé ? Et ça, ce serait du nouveau pour l’année 2022. Souhaitons-nous le.

 
 
Doctor Diagnosis

Nostalgie, déception et espoir

Par: Jacques Beaulieu

Dans un article publié hier dans Le Devoir, Alain McKenna, qui couvre l’actualité économique et technologique depuis le début des années 1990, titrait ainsi son article : La stratégie québécoise en intelligence artificielle est un échec. Notons que cet analyste chevronné ne parle pas de ratées ou de demi-échec. Non, il semble bien catégorique : cette stratégie est un échec. (voir : La stratégie québécoise en intelligence artificielle est un échec (msn.com) )

Pour avoir eu le privilège d’assister à quelques-unes des conférences du professeur Joshua Bengio, j’éprouvais une grande fierté du succès de ce grand spécialiste de l’intelligence artificielle, qui enseigne à l’Université de Montréal à quelques dizaines de rues de chez moi. Puis, les investissements en innovations scientifiques se mirent à pleuvoir dans ce champ d’activités. J’étais très fier de tous ces succès. Et voilà qu’on m’apprend qu’il s’agit d’un échec. Il faut absolument continuer à investir des fonds dans la recherche scientifique. Mais il faudra aussi trouver les moyens pour que les résultats et les commercialisations des produits de ces recherches demeurent ici. Il y a longtemps, le docteur Armand-Frappier avait eu une bonne idée : elle se déclinait ainsi : 1) Investir dans l’enseignement, 2) Cela fournit de bons chercheurs, 3) qui feront des découvertes et 4) commercialiser ces découvertes. Cela apportera des profits qui pourront être réinvestis dans l’enseignement et perpétuer ainsi le cycle. C’est peut-être l’étape 4 qui existait du temps de l’Institut Armand-Frappier et qui manque de nos jours.

Dans un autre ordre d’idée, je me souviens encore de cette conversation que j’avais eue avec mon père il y a cinquante ans maintenant. Quelques années auparavant, mon épouse et moi avions eu notre premier enfant. Le suivi médical et l’accouchement m’avaient alors coûté $350. C’était l’équivalent de près de quatre semaines de mon salaire de technicien de laboratoire. J’étais donc très heureux qu’à l’arrivée de notre deuxième enfant, le régime d’assurance-maladie était « enfin » instauré. Mon père me dit alors ces paroles que je n’oublierai pas : « Tu es heureux aujourd’hui, ça se comprend. Mais tu verras, viendra le jour où les animaux seront mieux traités que les humains. » Il y avait et il y a toujours beaucoup d’exagération dans de tels propos, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il est plus facile de trouver un vétérinaire pour s’occuper de ses animaux qu’un pédiatre pour prendre soin de nos enfants. Et je ne parle pas ici de ces près de 2 millions de Québécois qui n’ont pas de médecin de famille.

Prendre des vessies pour des lanternes

Il semble bien que cette expression née au XIIIème siècle n’ait en rien perdu de sa réalité plus de 600 ans plus tard. On a vanté nos mérites en combien de secteurs pour s’apercevoir par la suite que la réalité était bien en deçà de nos prétentions. Et cela n’est pas l’unique apanage du gouvernement actuel. La démocratie est ainsi faite que pour qu’un parti espère être reporté au pouvoir, il doit mettre toute sa lumière sur le dix sous qui est au sol en oubliant d’éclairer le gouffre financier qui est juste à côté. C’est ainsi que nous avons eu droit au « plus meilleur » pays du monde, à la glorification de nos systèmes de santé, de nos garderies et de nos immenses succès en développement de l’intelligence artificielle. Je me souviens encore de cette grande innovation qu’annonçait la naissance de nos CLSC, un endroit où enfin les patients pourraient retrouver groupés les soins de santé et de services sociaux.  Tout près de chez moi, il y a un CLSC avec une salle de chirurgie complète. Pourtant aucune chirurgie, ne serait-ce qu’une suture, n’eut lieu dans cette salle depuis les débuts de son existence, il y a plus de dix ans.

Et pourtant

Deux constats sautent aux yeux. 1 : Les professionnels de la santé, médecins, infirmières, préposés aux malades, pharmaciens et autres sont toujours aussi dévoués. Pour exercer ces professions, le dévouement est une nécessité.  Et 2 : Le patient d’il y a 50 ans n’a pas beaucoup changé par rapport à celui d’aujourd’hui. Il a besoin d’être soigné. Comment alors arrimer les besoins de ces deux groupes ? Il semble malheureusement que les solutions proposées soient pour le moins boiteuses. L’argent n’achète pas tout. Augmentations de salaires, primes et surprimes ont leurs limites. À cet effet, on peut au moins s’interroger sur la durée de l’état d’urgence sanitaire. Le Barreau se pose la même question (voir : Pour aborder la fin de l'état d'urgence sanitaire - Le Barreau du Québec demande une transition claire dans le respect de la démocratie (newswire.ca).

Il faut cesser de regarder les solutions telles que présentées historiquement par les gestionnaires. D’une part, les budgets de la santé ne sont pas inépuisables et d’autre part, les solutions économiques et technologiques ne répondent pas toujours aux problèmes. Parfois même, elles les exacerbent.

L’idée principale consisterait à retourner à la base. Cette base est constituée primairement en deux entités : les patients et les fournisseurs de services, médecins, infirmières, préposés, pharmaciens, etc. Contrairement à l’idée généralement admise, le patient devrait faire partie prenante de toutes les décisions. Il devrait être consulté avant, pendant et après toutes prises de décision du ministère. Un bureau des usagers (ou quel que soit le nom qu’on lui donne) qui réunirait toutes les associations de patients est une nécessité. Quant aux fournisseurs de soins, il faut leur redonner les pouvoirs dont ils ont besoin pour se sentir responsables et motivés. Pour cela, les pouvoirs doivent être décentralisés. Ce qui s’avère une bonne décision dans une région, peut ne pas s’appliquer aussi bien dans une autre. Je crois personnellement et sincèrement qu’il existe dans chaque région du personnel compétent apte à décider de ce qu’il y a de mieux pour leur situation. La preuve en a souvent été faite.

Pourquoi est-ce si difficile de penser aux patients et aux professionnels soignants ? Est-ce que je l’aurais déjà suggéré, décentraliser et démocratiser ?     

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Le projet de loi mammouth.jpg

Le projet de loi 11 et le mammouth agonisant

Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous présenter cette histoire. Elle me vient d’un ami médecin.
Un jour, il reçoit à son cabinet une patiente qu’il a opérée récemment. Elle vient le consulter simplement pour un suivi. Après les questions d’usage et les examens requis, l’orthopédiste lui dit : « Tout est parfait, vous pouvez rentrer chez vous en toute tranquillité. Soyez heureuse. » À ce moment, la patiente qui s’était déjà levée et se dirigeait vers la porte de sortie, se tourna et dit au médecin : « Merci docteur, vous avez remarqué que je n’étais pas heureuse, puis-je vous en parler ? » Mon ami docteur invita la patiente à revenir s’assoir et il l’écouta raconter son histoire. Il lui indiqua quelques pistes pour contacter des ressources qui pourraient l’aider. Ces quinze ou vingt minutes ont permis à la patiente de prendre congé. Au moins, elle était alors plus rassurée. Il faut savoir que ceci s’est passé avant le projet de loi 20 du Dr Barrette et avant le projet de loi 11 de Monsieur Dubé à une époque où le patient n’était pas qu’une case horaire à remplir dans les fonctions du médecin.
Étymologie 101
Afin de mieux comprendre où nous dirigeons avec cette loi mammouth, il convient de savoir d’où nous partons. Et l’étymologie des mots que nous utilisons devient essentielle à la compréhension. Commençons donc par ce mot que tout le monde connait : hôpital. Le mot vient du latin : hospitalis qui voulait dire : chambre pour les hôtes.
Il faut avouer ici qu’il manque cruellement de chambres pour accueillir les hôtes malades dans notre système. C’est, comme disent les Français : l’hôpital qui se fout de la charité.
Autre mot qu’il convient de retracer l’histoire est le mot patient. Il vient du latin patiens qui signifie souffrant. Cette pandémie nous aura aussi mis en évidence que ces souffrances peuvent être autant psychologiques que physiques. Mais comme pour oublier que l’on parle de personnes souffrantes, quelques bons samaritains parmi la cohorte de gestionnaires ont suggéré de remplacer le mot patient par bénéficiaire. Mais après avoir réalisé que ces bénéficiaires ne bénéficiaient pas de grand-chose finalement, le mot fut remplacé par celui d’usager. Car après tout, un usager ça ne bénéficie de rien et surtout ce n’est pas une personne souffrante, un patient, dont on doit s’occuper le plus rapidement possible.
Un troisième mot mérite notre attention. Anciennement, pour les médecins, les infirmières et le personnel enseignant, on parlait de vocation. Le mot vient aussi du latin vocare qui signifie appelé. Ces travailleurs et travailleuses de ls santé et de l’éducation s’étaient sentis appelés vers ces professions. De nos jours, ils sont de moins en moins nombreux à obéir à ces appels. À preuve, la difficulté, voire l’impossibilité de l’État à recruter du personnel médical et enseignant.
Finalement, un quatrième mot mérite notre attention ici. Il s’agit du mot motivation. Du latin movere il signifie originellement se mouvoir, se déplacer. Rassurez-vous, nous ne parlerons pas ici de mobilité du personnel mais bien des raisons qui poussent une personne à se mouvoir, à travailler. Dans une entrevue que j’ai eu le plaisir de réaliser avec les docteures Vander Stelt et Blouin, celles-ci m’indiquaient que le personnel de la santé était de moins en moins motivé. La motivation est difficile à conserver quand les décisions concernant son travail quotidien viennent de centaines ou des milliers de kilomètres de son lieu de travail. Les décisions sont alors perçues et ressentis comme un manque de confiance d’une société qui a pris la décision de tout gérer et de tout contrôler. Il est vrai que l’État québécois et par extension le peuple québécois paye très cher les soins de santé, plus de la moitié de son budget annuel et que le peuple québécois ne reçoit pas les soins qu’il paie si cher pour obtenir. Mais ce n’est pas en ajoutant plus de bureaucratie et plus de règlements que l’un et l’autre n’atteindra ces objectifs.
En résumé
Nous avons des hôpitaux qui manquent de lits pour accueillir ses hôtes. Nous avons des patients dont on oublie facilement qu’il s’agit de personnes souffrantes moralement ou physiquement ou les deux. Nous manquons dramatiquement de personnel médical et ce n’est certainement pas avec plus de contraintes et de sanctions que la loi 11 réussira à appeler plus de candidates et de candidats. Finalement, il sera illusoire de garder le moral des troupes, leur motivation si tout ne se décide encore que dans les hautes sphères d’un ministère de plus en plus obèse et déshumanisé.
Parce qu’en bout de ligne, lorsque nous consultons pour notre santé, nous avons besoin avant tout d’un être humain qui est motivé, qui est empathique, qui comprenne notre souffrance et qui nous aide à la guérir. J’ai personnellement bien des doutes qu’un grand Orchestrateur électronique puisse remplir ces besoins tant de la part des patients que du personnel de la santé.
Deux des clés pour y parvenir sont la décentralisation dont nous avons déjà amplement parlé dans nos lignes et la démocratisation, c’est-à-dire que les patients soient impliqués tant avant de prendre des décisions que pendant et qu’après la prise de ces décisions. Pour ceci, ils doivent unir leurs forces. C’est ce qui est sur le point de se réaliser.
Une requête spéciale
Si, parmi mes lecteurs, se trouve un mécène fortuné, mon rêve serait d’écrire un livre sur ces défis que nous pose la création d’un nouveau système de santé. Car il faut bien l’admettre, ce n’est pas en continuant d’ajouter une nouvelle loi ici, de nouvelles directives là ou un nouveau programme informatisé (même un orchestrateur) que nous réussirons à créer un nouveau système de santé. Le mammouth continuera à agoniser et le patient à « s’usager ».

 
 

 

 

En ces périodes où les pénuries de personnels affectent de plus en plus de personnes, permettez-moi de proposer ici une solution novatrice qui sera certes utile à vos membres :

LA RÉDACTION PROFESSIONNELLE ET MÉDICALE (RPM)

Par manque de temps à rédiger des rapports, des textes, des comptes-rendus, etc., certains médecins m’ont demandé de les assister dans ces tâches, ce qui me fait penser à proposer mes services à d’autres professionnels et médecins qui en auraient besoin. Par exemple, vous faites face à un surcroit de travail ou votre adjoint (e) doit s’absenter pour quelques jours, voire quelques semaines. Ou encore, elle ou il est tout simplement débordé.  

Fort de mes 38 livres publiés et de plus de 500 articles signés en carrière, dont quelques centaines ont parus dans l’Actualité médicale ici et dans la Revue Médecine en France, je vous offre mes services pour vous prendre en charge ces tâches rédactionnelles,

Jacques Beaulieu, auteur et communicateur scientifique

Rédaction professionnelle et médicale RPM : pour passer à une vitesse supérieure

 

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